17/07/2008

Une Histoire italienne - vu en V.O le 14.07.08

« Une histoire italienne »

Sanguepazzo

De Marco Tullio Giordana

 

 

Début en Noir et Blanc. Milan. 30 Avril 1945. Au petit matin. Un petit garçon et une fillette à bicyclette… Ils trouvent une pellicule de film. Ils la déroulent. Et le film commence…

 

Histoire haute en couleurs. Fond noir. Caractères typographiques rouge sang.

 

  Sanguepazzo 

 

Titre du film en version originale.

« Une histoire italienne », ainsi titré à l’attention des français…

 

25 Avril 1945. La libération. Osvaldo Valenti va trouver Golfiero Goffredi (Alessio Boni), qui se fait appeler Taylor (comme Robert Taylor ? lui demandera Valenti). Il lui demande de l’aider à les mettre, lui et sa femme, en sécurité…

 

1936. Osvaldo Valenti (Luca Zingaretti) est Richard III. Pièce de théâtre pour un comédien qui aime bien qu’on lui tienne tête…

 

Ce que fait Luisa Manfrina (Monica Belluci). Jeune débutante. Figurante. Et qui aspire à devenir actrice. Ce qu’elle devient, grâce à Golfiero, jeune réalisateur qui la veut à l’affiche de son premier film…

 

Affiche d’un film avec Luisa Manfrina, devenue Ferida. « La bella addormentata ».

La belle endormie. Et à son chevet, deux chevaliers entre lesquels elle hésite…

 

Luisa Ferida. Ferida comme « ferita » (blessure), comme rouge, sang, et passion…

 

1945. A nouveau. Golfiero et Vero vont aider Luisa et Osvaldo, accusés d’avoir collaboré avec la République de Salò, à se cacher pour échapper aux partisans.

 

4 Octobre 1943. Attilio Cardi. Directeur général de la cinématographie. Cultive une amitié (amoureuse) avec la belle Luisa Ferida. Il va même jusqu’à la mettre sur écoute pour assister à ses ébats amoureux avec Valenti. Valenti, venu ce jour-là rendre visite à Cardi. Ce dernier lui propose une lettre de recommandation à remettre au Duce pour le remplacer à son poste. Il souhaite ainsi protéger son « amie » Luisa. Valenti refuse, prend congé. A peine sorti du bureau, il entend un coup de feu. Cardi s’est suicidé…

 

Milan. 29 Avril 1945. Procès de Luisa Ferida et d’Osvaldo Valenti.

Question au témoin, Sturla, à propos d’Osvaldo Valenti, dont il était le secrétaire :

« Est-il un fasciste ? »

Sturla hésite, demande à Valenti ce qu’il doit répondre. Celui-ci commence par dire qu’il est Sandokan, pirate de la Malaisie, Gengis Khan, Richard III… Puis, il dit :

« Dis-leur ce qu’ils veulent entendre »…

 

Sanguepazzo. Titre du film tourné par Osvaldo Valenti. Qui raconte l’histoire d’une femme, amoureuse de deux hommes, et qui n’arrive pas à choisir entre les deux… Tous les deux sont une partie d’elle-même… Conte de fée raconté par Valenti à tous les « ouïsseurs », terme qu’il emploie très souvent, de la terre. Que dire de la fin ? Le conte se termine lorsqu’arrive la cavalerie et que le méchant meurt…

 

Milan. Nuit du 29 au 30 Avril 1945. Un homme et une femme. L’incarnation des vices de tous les hommes. Et qui doivent payer de leur sang pour celui qu’ont versé tant d’autres…

« Nous sommes tous des doublures ». Triste constat que fera Vero, lorsqu’il s’entend dire, à propos de Luisa Ferida et Osvaldo Valenti :

« Ce ne sont que deux malheureuses doublures qui n’ont rien fait »…

 

Golfiero, sur son lit de mort, avait fait promettre à Vero de veiller à ce que Luisa et Osvaldo ne soient pas condamnés sans procès. Vero a tenu promesse. Seulement, c’est lui qui, après avoir fumé sa cigarette, d’un léger signe de tête, ordonne aux six hommes armés de fusiller le couple d’acteurs… Deux silhouettes qui marchaient main dans la main, avançant côte à côte dans la nuit, se croyant libres.

 

« Justice est faite » dit l’un des six hommes, interprété par Luigi Lo Cascio (le frère d’Alessio Boni dans « La meglio gioventù », et Peppino Impastata dans « I cento passi »).

 

Justice est effectivement faite. Vraiment. Pour preuve, cette pancarte posée à côté des deux corps sans vie, avec ces lettres fraîchement peintes :

 

« GIUSTIZIATI. Luisa Ferida e Osvaldo Valenti ».

 

Retour au Noir et Blanc. Milan. 30 Avril 1945. Au petit matin. Le petit garçon et la fillette rembobinent la pellicule, dernier vestige de ce film, « Sanguepazzo », qu’Osvaldo Valenti ne terminera jamais. Ils repartent sur leur bicyclette… Un bout de la pellicule traîne par terre tandis qu’ils s’éloignent.

Et le film, « Une histoire italienne », se termine…