29/05/2007

Stage d'écriture de conte - Octobre 2003

Et ben ça c'est le conte que j'ai écrit lors d'un deuxième stage d'écriture,

 C'était en Octobre 2003, dans un autre ptit village de Corse...

 

        Crise en  t’M    

Ptit extrait

 

Il était une fois une forêt enchantée. Dans cette forêt vivait une lutine prénommée Solea. Comment vous la décrire ? Déjà sa taille : haute disons comme environ… huit pommes. Ses yeux : bleu canard. Ses cheveux : couleur de feu. Sur sa tête, un chapeau-caméléon qui changeait de couleur pour s’assortir à ses habits. Et oui, mademoiselle était une coquette ! Ah et puis elle avait un pouvoir magique : celui d’inoculer le virus de l’amour. Comment ? Vous ne savez pas ce que veut dire « inoculer » ? Et bien tout simplement injecter dans l’œil de quelqu’un une potion miracle confectionnée avec tout un tas d’ingrédients secrets. Mais attention, pas dans n’importe quel œil. Le gauche. Celui du cœur.

 

Il était une deuxième fois un bois dormant. Pas une forêt enchantée mais un bois qui avait décidé de se mettre en veille et de se plonger dans un profond sommeil. Dans ce bois dormait une deuxième lutine qui s’appelait quant à elle Luna. Elle non plus n’était pas bien grande. Elle avait des cheveux couleur jaune paille et des yeux bleu nuit. Son chapeau-caméléon changeait de couleur en fonction de ses états d’âme. Bien évidemment, comme elle dormait, elle portait toujours son pyjama blanc. Ce dernier était maculé de « touspetitsminuscules », grains de poussière d’ange quasiment invisibles à l’œil nu.

 

Il était enfin une troisième fois, la bonne cette foi,  une ville sur la côte d’Azur - ou celle d’Adam, je sais plus. C’est dans cette ville que deux êtres se rencontrèrentDieu sait comment, mais heureusement moi aussi ! - et s’aimèrent. Bon. Jusque-là me direz-vous, quels rapports entre les trois fois ? Mais laissez-moi poursuivre s’il vous plaît.

 

Donc Sun B., charmant jeune homme de 33 ans, vivait dans un deux pièces sympa à Hipocrit-City. Tous les jours il allait à la pêche au minuscule et il ramenait parfois quelques uns de ces êtres tout petits que l’on peut soit pêcher à la ligne lorsque l’aube se lève, soit pêcher au filet lorsque le soleil se couche. Sun préférait y aller en pleine nuit avec son masque vénitien et son tuba sicilien. Mais c’est l’ange masqué Marina qui lui offrit sa plus belle prise. En tirant, non pas des flèches mais des boules de feu Faux-Laid, elle lui permit de rencontrer Holly Moon, une Lempicka de 15 ans. Celle-ci vivait avec son père Charles dans une petite maison près d’Hipocrit-City. Ils tenaient ensemble « La Cruche Locale » où ils vendaient surtout du miel et des myrtilles. Par une belle nuit sans étoiles, Holly se promenait au bord de l’eau quand, l’espace d’un éclair, elle crut voir un beau minet. Marina avait fait sa boule. Sun en resta bouche baba devant l’air cool de la lolita. Je vous passe tout le tintouin des premiers émois : baise-main, baise-cou, baise-bouche et… STOP ! C’est un conte pour enfants, non ? Parce que si c’est ça il faut mettre un petit triangle en bas de la page et du coup moi mon histoire je la transpose aux Bermudes ! Non ? Bon alors je continue.

 

C’est alors qu’ils se marièrent et, un beau matin d’Avril, la jolie Holly prit un drôle de coup de soleil. Elle se retrouva alors avec deux cloques… à l’âme. Mademoiselle Moon, qui entre-temps était devenue Madame B., ne put cacher longtemps qu’elle était pleine. Les futurs parents laissèrent éclater leur joie. Mais leur bonheur tout neuf devait être hélas de courte durée…

            En effet, depuis la nuit des temps, le Père Noé revenait tous les ans et changeait l’amour en haine, la gentillesse en méchanceté, la sincérité en hypocrisie, le bonheur en malheur… Nous étions au mois de Décembre de l’an 2993. La neige avait étendu son grand manteau blanc et c’était justement l’horrible nuit de Noé. La pêche était terminée et Sun venait de rentrer chez lui. Il s’adressa à Holly :

 

            « On a annoncé un déluge pour cette nuit. Tu te souviens de celui qui a ravagé la ville il y a sept ans ?

 

Assise au coin du feu et perdue dans ses pensées, cette dernière tarda à répondre :

- Non. Je sais juste par papa que c’est cette nuit-là qu’a disparu ma mère.

 

Soudain, Holly fut prise d’une terrible douleur et se mit à crier :

-Je perds les eaux Sun, vite, fais quelque chose… ».

 

Sun, complètement affolé, courut à la Cruche Locale chercher son beau-père. Peut-être que lui saurait quoi faire. Entre temps, un vent violent s’était levé et des trombes d’eau s’étaient abattues sur la ville. Le tonnerre gronda et la foudre frappa le toit de l’épicerie dans un bruit effroyable. Le niveau de l’eau continuait de grimper à une vitesse vertigineuse. Sun avait mis son masque et son tuba. Il nageait plus qu’il ne marchait à présent. Il parvint tant bien que mal à revenir sur ses pas. Il se retrouva dans son salon qui était complètement dévasté. Tout comme le reste de la maison d’ailleurs. Et Holly avait disparu… A l’aube, le silence avait remplacé les grondements du tonnerre. La ville semblait déserte. Petit à petit quelques personnes s’étaient risquées à sortir de leurs abris de fortune. Tous se désolaient devant les ruines de leurs habitations. Charles se lamentait lui aussi. Mais pas parce que sa « Cruche » était cassée. L’eau semblait en effet avoir emporté avec elle sa fille et son beau-fils. Mais elle avait laissé quelque chose… Ou plutôt quelqu’un. Le vieil homme avait entendu des pleurs d’enfant. Il souleva des montagnes de débris et finit par trouver un nouveau-né emmitouflé dans un tissu de satin moiré. La pluie avait laissé la place au beau temps et derrière l’arc-en-ciel pointaient les rayons du soleil. Il décida d’appeler l’enfant Solea.

 

La petite fille grandit, élevée par son grand-père. Et lorsque l’heure fut venue pour lui de mourir, il l’appela à son chevet et lui confia une clé de forme étrange. Solea était âgée de quatre ans et elle se retrouvait toute seule. Elle fut envoyée dans un orphelinat situé en plein cœur de la forêt enchantée. Elle y découvrit tout un tas de petits animaux qui devinrent ses seuls véritables amis. Il faut dire qu’elle se sentait différente des autres enfants à cause de ses pouvoirs qui grandissaient avec elle. Mais pour l’instant elle ne savait pas trop les maîtriser ni à quoi ils pouvaient bien servir. Elle savait par contre que c’était un certain Faux-Laid qui les lui avait transmis. Encore trois années s’écoulèrent. Jusqu’à ce qu’un beau monsieur vienne la chercher. Il lui dit s’appeler Sun et être son père. Il lui parla de sa mère qui avait disparu la nuit de sa naissance...

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